Mercredi 14 mai 2008

Lettre de dom Chapman, moine bénédictin anglais, à A. E. Swinstead, 1er décembre 1922, sur la prière

C’est extrêmement facile si seulement vous vous rendez compte qu’il s’agit d’une prière de la volonté, non de l’intellect, de l’imagination ou des émotions. Cela implique que penser à toutes sortes d’autres choses n’a pas d’importance, pourvu que ce soit tout à fait involontaire ; et ne rien sentir du tout n’a pas davantage d’importance. Si vous avez passé un temps donné dans une distraction continuelle et dans l’inconfort, vous aurez fait une prière fructueuse pourvu que vous en ressortiez mécontent de vous-même. S. Jean de la Croix explique que la tiédeur est d’être satisfait de notre propre état et la ferveur d’en être insatisfait[1]. Il n’est pas nécessaire de vouloir Dieu et ne rien vouloir d’autre. Vous n’avez qu’à vouloir vouloir Dieu et vouloir ne rien vouloir d’autre. Rares sont ceux qui vont réellement au-delà ! Mais Dieu est aimant et prend non seulement la volonté pour l’acte mais encore la volonté de vouloir ou le souhait de vouloir[2].

[1] . Nuit obscure I, 9, 3.

[2] . John Chapman, Lettres spirituelles, trad. H. Benoît, Centre S. Jean de la Croix, 1998, Lettre 36, p. 75

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Mardi 13 mai 2008

Comme la mort, quand nous y regardons de près, est le but véritable de notre vie, je me suis si bien familiarisé, depuis quelques années, avec cette véritable et parfaite amie de l’homme, que son image non seulement n'a rien d'effrayant pour moi, mais encore m'est devenue très apaisante et très consolante.

Et je remercie mon Dieu de m'avoir accordé cette occasion de la connaître comme la clé de notre félicité.

Je ne vais jamais me coucher sans penser que demain peut-être je ne serai plus là.

Et pourtant aucun de ceux qui me connaissent ne peut affirmer que je suis morose ou mélancolique.

Je remercie mon Créateur de m'avoir accordé cette félicité, et je la souhaite de tout mon coeur à chacun de mes semblables.


Mozart à son père 4 ans avant sa mort

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